Ce
début de siècle a cependant chamboulé
beaucoup de choses dans la vie d'Eicher. Il est
temps pour lui de faire une halte, de regarder
autour de lui, de revoir les chemins parcourus
(et oubliés parfois) et de repérer
ceux qui restent à découvrir, voire
à défricher.
Une
participation à un festival de cinéma
d'art et d'essai, une reprise en duo avec ARNO
d'un titre de Mélanie "ils ont changé
ma chanson", un passage remarqué au
Paleo Festival de Nyon, une courte série
de concerts en 2001
avec "THE
LOST AND FOUND ORCHESTRA" (Allemagne,
le Babel Festival de Strasbourg et le Montreux
Jazz Festival le 15 juillet, avec Paul Personne),
un automne en Allemagne avec I MUVRINI, une brève
aventure d' "Arthur Gordon Pym", enregistrée
en duo avec Rodolphe Burger ( sur l'album Bussy-
Poesession www.the-stylus.com
) : Stephan Eicher continue à apprendre,
improvise, cherche, teste, expérimente.
Cobaye
volontaire et enthousiaste, le public participe
sérieusement, via internet, à l'élaboration
du "best of" destiné à
marquer cette période de transition.
L'album,
somptueux, sort en octobre 2001,
sous une double formule : simple (1CD) ou de luxe
(2CD où figurent sur le second ,"Lost
and Found", titres live et introuvables retrouvés).
Il
s'appelle joliment "HOTEL*S", hommage
à ces chambres d'hôtels qui ont vu
naître tant de ses chansons (dont l'inédit
de ce best of : "Elle vient me voir")
et ultime hommage clin d'œil à l'Hôtel
HESS d'Engelberg (qui appartenait au frère
de Martin HESS) qu'il considéra comme sa
maison "durant un long moment". Il y
a donné un concert privé le 31 mars
2001, lors du banquet accompagnant la fermeture
définitive de l'établissement et
en a filmé les derniers instants, lors
de sa démolition en avril-mai de la même
année.
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2002
le voit reprendre le chemin des concerts
en Allemagne et en Suisse notamment, avec
quatre musiciens, enregistrer avec I MUVRINI (
www.muvrini.com
) "Un rêve pour vivre" sur l’album
"UMANI", produire un album de Tinu HEINIGER
et y participer (
www.tinu-heiniger.ch ), composer une remarquable
bande originale pour le film "Monsieur N"
d'Antoine DE CAUNES ou une chanson pour Johnny
HALLYDAY sur les mots de Philippe Djian ("Ne
reviens pas" - album "A la vie, à
la mort")
Mais
dans le même temps, Stephan Eicher cultive
son jardin sur Internet, y aménage un hôtel
de charme où le visiteur trouve un accueil
luxueux et chaleureux qu'en hôte attentif,
le maître de lieux lui offre, bien "co(eu)rdialement".
2003
est sans doute l'une de ces années charnières
qui marquent chaque carrière artistique
ou presque, une sorte de "midlife crisis",
qui voit la
réédition tant attendue des "Chansons
Bleues" sous forme d'un double album (la
version originelle restaurée et une version
remixée) et la sortie d'un
nouvel album
à l'ambiance très particulière
intitulé "Taxi Europa".
A la différence des précédents,
il est enregistré en studio, produit par
Pierre Jaconelli (également producteur
de Zazie et J. Hallyday) et Benjamin Biolay, avec
la complicité renouvelée de Philippe
Djian, et la participation de Maurane et Micheline
Dax (en oiseau siffleur), notamment.
Le
concept du voyage se retrouve dans le nouveau
look de son site (www.stephaneicher.com
) qui place d'emblée le visiteur solitaire
à bord d'un véhicule roulant sur
une autoroute déserte. Dans le rétroviseur,
le passé défile, à travers
le pare-brise, se profilent les panneaux de signalisation.
"Le
hasard éclaire la route comme le sang éclaire
nos vie..." et Stephan Eicher décide
de suivre la lueur de ses phares. Du printemps
2003
à l'hiver 2004,
elle le mènera à travers l'Europe,
démarrant par une tournée en Allemagne
avec Herbert Grönemeyer, et se poursuivant
en Suisse, France, Belgique, Luxembourg, en un
"Tour Taxi Europa" aux allures de marathon
sur écrans géants, avec, à
la basse, Max Gazzé. Egalement chanteur/compositeur
bien connu en Italie , ce dernier chantera en
duo avec Stephan la version italienne de "Cendrillon
après minuit", "Cenerentola a
mezzanotte" et assurera la première
partie du concert d'Eicher à l'Olympia,
à Paris, en novembre 2004.
Ce
"Tour Taxi Europa" roule à un
train d'enfer, dans un déploiement d'images,
un déchaînement de décibels
et des tourbillons de lumières : du Eicher
à vif et sans filtre qui donnera le jour
à son premier DVD live.
Eté
2005
: une brève tournée en solo (baptisée
d'emblée "Autoportrait"
par les internautes) avec, comme à ses
débuts, séquencers, ordinateurs,
guitares...
2006
:
Une courte retraite de printemps au Lazaret
Ollandini en Corse, un concert estival à
Lucerne en ouverture du Blueballs
Festival en juillet, avec quelques chansons
inédites de son futur album ("Weiss
Nid Was es Isch", "Charly", co-écrites
avec Martin
SUTER, écrivain suisse reconnu pour
ses thrillers étranges), à nouveau
un bref tour en Corse pour quelques concerts à
l'automne, un "voyage d'étude"
aux pays du Nord pour leur musique.... le disque
suivant est en route pour
... l'Eldorado!
2007
: c'est au printemps que sort l'album "Eldorado",
douce petite bombe tant attendue, aux intonations
folk, aux sonorités venues du fin fond
d'une Amérique mythique dont elle tire
son nom. Les photos en noir et blanc de la couverture
et du livret sont signées J.B.MONDINO (comme
pour "I Tell This Night"), ainsi que
celles qui figurent sur le
site officiel, construit à l'image
d'un feu de camp dans l'ouest d'une Amérique
où l'itinérance est familère.
A la production, oeuvre Frédéric
Lô. En connaisseur, il
donne la part belle au
phrasé si particulier et à
la voix feutrée, parfois murmurante de
Stephan. On découvre dans Eldorado, l'éclat
de la trompette
mariachi du jeune Martin WENK (du groupe
Calexico),
on y retrouve les percus insolites de Toby
DAMMIT, brillant et délirant batteur
(notamment) et les claviers délicats ou
(et autres instruments divers) de REYN,
tous deux déjà présents sur
Taxi Europa. L'atmosphère du disque est
toute de balades sur le ton de la confidence,
comme si un lien intimiste se renouait. Philippe
DJIAN écrit 4 textes en français
(dont "Eldorado") et y compose une chanson
(paroles et musique : "Pas déplu").
De nouvelles eaux de mars rejoignent cette rivière
d'orpailleur : à Martin SUTER, cité
plus haut, qui signe 3 textes en bernois, s'ajoutent
RAPHAËL ("Rendez-vous") et Michaël
FURNON (de Mickey 3D pour "Dimanche en décembre").
Fort de ce bel album salué par la critique
et chaleureusement accueilli par le public, Stephan
Eicher entame une tournée de printemps
qui se poursuivra à l'automne (décor
et costumes de scène noir et blanc de rigueur,
eux aussi!). Le spectacle est superbe, les musiciens
frôlent vertigineusement la perfection et
la joie des retrouvailles (ou des découvertes)
entre Stephan et le public est évidente...comme
un vrai "Rendez-Vous" !