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  Canteleu - 30 septembre 2010 (Espace culturel François-Mitterrand)
 
 


L'un chante, l'autre dit si bien...

Comment exprimer tout ce qui s’est diffusé, entre eux, entre nous, en ce soir d’automne , dans cette salle intime, à leur mesure...?
Dès leur entrée, ils nous convient à cheminer avec eux. Stephan, costume au petit gilet à la Eldorado, classe comme toujours. Philippe de noir vétu, une silhouette à la sixties, le nez chaussé de lunettes. Il installe de sa belle voix grave, à la fois douce et triste: Durant un long moment, laissant à Stephan le soin de reprendre le long de sa superbe guitare blanche ce fil de leur complicité.

Ce sera ainsi. Ce qui va circuler, de textes en mélodies, de connivences en émotions, de gravité en rires ne sera que délice.


Au hasard de leurs souvenirs et de leur présent qu’ils font nôtres pour ces instants, seulement, ils vont nous inviter à découvrir ce qui fait l’alchimie et la fusion pour faire naître une chanson et une amitié.
Ils racontent leurs rencontres de Martha’Vineyard aux US à Florence puis dans le sud-ouest, leur lien qui se tisse à travers l’histoire de la communication.
Vous savez, lance Stephan, pour les anciens, ce truc, le fax, et puis les cassettes. Maintenant les mails, sms et twiter.
Toujours branché ce duo-là , depuis presque un demi-siècle qu'ils composent ensemble.
Stephan, très détendu sous le regard attentif et attendri de son ami, s’émerveille toujours devant le talent de Philippe, mais reste très drôle quand il avoue son étonnement et sa perplexité à mettre des notes sur certains textes.
J’adore son : « Mesdames messieurs » comme si nous étions au music hall !
Le clown blanc et l’Auguste. Mais qui est qui ?
Et le public marche dans l’aventure.
Philippe nous lit les premières pages de son dernier roman, tragique à fond, avoue qu'il finira bien mais tout les deux s’accordent pour dire qu’il vaut mieux commencer très bas pour aller très haut.
Ce sera le credo optimiste de la soirée.
S’ il y a bien sûr « Pas d’ami comme toi « il y a aussi la superbe « Dis-moi où » : « Vous vous rendez compte dit Stephan, il est incroyable ce garçon ! Il écrit :« J’éternue quand tu t’enrhumes.. . !!
Les textes et les musiques commencés par l'un ou l'autre s'enroulent .
Il y aura Confetti, Voyage la magnifique, la déchirante Tu ne me dois rien.
Et puis Pas déplu, entièrement composée par Philippe Djian, Stephan en panne d’inspiration.
Celui-ci , toujours mécontent de sa musique pour la Voisine laissera Philippe dire seulement le texte et ce sera beau, tout simplement.
D 'autres mots,, Vipère et Son soulier droit la blesse, petits bijoux ciselés par la plume de l'orfèvre Djian repris, en contrepoint, par l'élégante musique de Stephan.
D'amour, il en sera question bien sûr . Philippe, après la découverte de tant de belles filles au pied de Stephan lors de ses concerts réalise qu’il faudra toujours écrire des chansons d’amour, toujours…
De l’amour, nous en avons eu. Du vin aussi et quel vin, Mesdames et messieurs !Du porto vintage, arrivé comme par magie du premier rang, dégusté par nos deux compères et délicatement offert à certains dans la salle. Une histoire de bouteille de porto et de verres brisés, dans le passé…
Puis, Rivière, ma plus belle, Ironie réclamée par le public et pour le final: devinez?
Merveilles composées à quatre mains, deux esprits et un seul cœur.
Ils sourient, ils saluent et s'en vont.
Nous restent des instants de grâce, rares, singuliers et tendres. Un plaisir partagé par tous!
Deux frères en création, deux amis, deux hommes à aimer.
On leur souhaite de poursuivre ce dialogue lumineux, longtemps, longtemps encore, jusqu’au paradis des artistes !

Olga
(Octobre 2010)