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  Chroniques Carcassonne - 1993 imprimer la page
 

Quelques bouts de scotch sur Carcassonne finissent de scotcher Hemmige et Stephan Eicher à jamais en moi. Sur fond blanc, quelques taches pastel, et les remparts de la Cité où il cacha sa vie si près de moi, pendant des semaines, à quelques centaines de mètres, sans que je n’en sus rien.
Dans cette même ville de Carcassonne, où je viens d’acquérir le CD, je cours acheter, dès le lendemain, tout ce que je peux trouver de ce qui existe alors. Autant dire que je découvre (sinon redécouvre) tout en même temps.
Quelle période riche d’évènements personnels, et d’émotions sur fond de Stephan Eicher ! Partout ! A la maison, à la radio, dans la voiture, à la télé… et je découvre même qu’il a laissé une exposition de collages dans une librairie de la ville. J’y retourne plusieurs fois… le cœur battant à chaque fois. Oui, j’en suis certaine, Stephan est un Artiste !
« J’ai des hauts, j’ai des bas », mais cela importe peu ! Quelle force me donnent cette voix et cette musique ! Quelle joie profonde ! Quel calme ! Quelle assurance ! Ma vie est pleine de « Hope », « aucun remord, aucun regret » ! Et les « swallows » qui ont fait le printemps fendent encore le ciel bleu de l’été de leurs ailes noires. Pas le temps d’attendre à la « rivière », il faut assurer le quotidien, malgré l’incertitude, malgré le événements et la mort qui rôde. Trop fatiguée, je ne passe pas « mes nuits debout », et je suis loin d’imaginer que dans le même temps Stephan Eicher est en train de se couvrir d’un grand « manteau de gloire » et que ça lui fait mal. Mais pourquoi ? Je retrouve la langue d’Hemmige dans « La Mi Los » et ce n’est que du bonheur !
J’attends « durant un long moment » le concert annoncé en plein air dans le théâtre de la Cité. J’attends plusieurs mois avant de rencontrer l’artiste, enfin en chair et en os sur cette scène. Et je n’aurai même pas droit à des « Goodbies », mais à un déchirant « Ciao, Ciao » incompréhensible.
But “whatever” you do, I’m agree with you !

Il a caché sa vie
Ses pensées et ses idées
Dans les murailles de la ville,
Mais le même il est resté
Il a caché son cœur
Pour mieux imaginer
Dans les entrailles d’une demeure
Car dans sa tête si libre,
Il a caché ses rêves,
Libre, libre…
  Berni - Juin 2004

Février 1995. On m'avait fait découvrir Carcassonne un an plus tôt. Carcassonne était devenue terre amie…

Ce matin-là, je n'attendais pas vraiment à la rivière, je ne surveillais pas le chemin, je prenais mon café avec des Hauts et des bas, l'esprit vagabond… Puis, les premières notes de Hope m'ont brusquement ouvert un passage des plus singuliers : la uillean pipe m'attendait sur un rivage que je connaissais, puisque je l'avais rêvé quelques mois plus tôt. Un rêve magnifique… assise au bord de la mer à converser avec mon père -décédé dans la réalité -, devant une cathédrale gothique parfaitement encastrée dans la falaise… un site regorgeant de fruits de mer orange…

Je revivais le rêve au rythme de Hope et ses paroles me révélaient l'essence du message de mon père : l'espoir ! Pendant un long moment, je suis restée silencieuse, sans bouger.
J'étais subjuguée, littéralement "lifted from the floor" : je venais d'entrer dans le merveilleux monde d'Eicher...

  Rose - Juin 2004

L'album rock !!! L'album qui confirme et ancre définitivement Stephan Eicher au paysage musical français !! Tout commence avec "Des hauts, des bas" chanson single qui lance l'album grâce une guitare électrique et un rift qui se répète ... Puis débarquent batterie, et les guitares saturées qui transformeront ce morceaux en tremplin... Le tapis rouge est déroulé et les tubes et singles suivent... On se souvient alors de l'arrivée sur les ondes de "Manteau de Gloire" puis de "Rivière"...

Douche écossaise pour nos oreilles ou s'enchaînent les sons rocks et les ballades...

Coté rock pur et électrique on retrouve bien entendu "des hauts, des bas", mais aussi "Ni remords, ni regrets" ou encore "La nuit debout"... Ici, les guitares électriques hurlent et déferlent... Les instruments sont ceux de rigueur... rien d'extravagant... Mais ça paye !!! Une bonne batterie, une basse, des guitares et un synthé... Simple mais idéal pour coller aux titres, aux textes de Philippe Djian, l'écrivain rockeur et Hors-norme...

Coté ballades on trouve des titres comme "Rivière", "Manteau de gloire", eux aussi sorti de la plume de Philippe Djian... Coté musique se mêlent alors les sons sortis de l'histoire et les sons issus du présent... Car si chaque Album a un Hotel qui s'y raccroche, Carcassonne rime alors avec l'Hôtel de la cité où pour cet album des instruments médiévaux rencontre leurs descendants... Quand vielle à roue, harpe, cornemuse ou encore tambour provençal et autres résonnent avec guitares électriques, basse, synthé et batterie....

Petit détail ayant aussi son importance, Stephan Eicher signe ici cinq textes dont "Hope" aux sons qui vous rappelle la musique celtique, une ballade qui vous dit tout simplement que l'espoir fait vivre... ou encore "La mi Los", le titre suisse allemand, qui vous entraîne légèrement sur un jeu de guitare acoustique... Aïe, dur pour nous de retenir l'envie de chanter, il ne nous reste alors plus qu'une solution : tenter de baragouiner en espérant que personne ne parle le suisse allemand près de nous... Ouf en Normandie, ce n'est pas chose courante... Et pour finir l'album " Whatever" que je traduis alors par "Quoi d'autre ?' oui, que dire d'autre après un album tel que celui-ci qui bien que bercé par de nombreuses ballades, qui ne le sont qu'en apparence, est un album 100 % rock ou finissent toujours par réapparaître guitares électriques, Basses et Batteries...

Mon choix personnel ?? Aïe difficile à dire, mais je crois que le temps passant je m'arrêterai sur "Durant un :long moment" pour son coté intime... Pour la justesse des mots qui rendent le moment vivant, pour la musique qui illustre parfaitement une ambiance... Il n'y a rien à ajouter, les images viennent d'elles-mêmes... Un film parfait ou les images n'ont pas de place... Ou tout se joue avec notre imaginaire...

Partager Speranzza - Juin 2004

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