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  Chroniques Chansons bleues - 1983 imprimer la page
 

CHANSONS BLEUES, chansons blues? Qui sait le mystère du titre de cet album unique de Stephan Eicher, le premier sorti en France avant qu'il ne signe avec Barclay et le premier réalisé avec Martin Hess à ses côtés?

Je ne sais plus dans quelles circonstances j'ai entendu ce disque pour la première fois, mais je me souviens de l'émotion provoquée par le mélange de cette voix singulière et de ces sons électro-acoustiques étranges au goût nouveau venu d'ailleurs... de Suisse plus précisément.

Il y avait et il y a toujours dans ces chansons, cette énergie nerveuse qui passe ou qui casse, la fragilité volatile de l'émotion pure, ce grain de vulnérabilité et de sensibilité écorchée que j'aime chez Stephan Eicher et que le marketing n'a pas réussi, malgré ses efforts, à totalement polir, lisser, policer (peau lisser?)

"Sweetheart" ouvre gentiment le bal, suivie des "Filles du Limmatquai", nettement plus délurées et électroniques, écrite en français comme deux autres chansons sur les 9 qui figurent sur cet album : "La Pièce" et "La Chanson Bleue", titre éponyme de l'album, hantée par les mots de Louise LABBE, femme de lettres de la Renaissance "...je vis, je meurs, je me brûle et je me noie..." (Stephan commençait déjà à mêler les genres avec bonheur).

Au nombre des titres en anglais, on compte une reprise très allurée de Chuck Berry, "Johnny B Good", "The Noise Boys" pas si bruyants que ça, et même plutôt doux, "Tu Tu", un délicieux petit bijou ciselé par Stephan et un copain punk (Marcus Tränkel", musicien au sein du groupe "Mother's Ruin", qu'on retrouvera sur SILENCE dans "Langue au chat") et une autre reprise "you've lost that loving feeling" des Righteous Brothers.

Il y a enfin une chanson en suisse allemand, un chouillat satirique, "Nice", produit de la fructueuse collaboration entre Stephan et les filles du groupe "Lilliput" dont Klaudia Schifferle qu'on retrouvera aussi sur l'album SILENCE et Astrid Spirig présente en backing vocals sur "La chanson bleue" et "Les filles du Limmatquai"

Contrairement à ce qu'on aurait pu craindre, les synthés et séquenceurs ne laminent pas le côté intimiste, la mélancolie ou la fragilité de cet album fiévreux.

Il porte l'empreinte de la libération des contraintes du show bizz (récemment assumées par Martin Hess) et du retour de l'envie de chanter et d'être sur scène. J'entends cet album comme celui d'un jeune homme plein de fougue, de blessures et des bleus au cœur, à qui on aurait permis d'ouvrir ses ailes pour jouer sa propre petite musique de l'âme, au rythme de ses machines trafiquées et d'un phrasé à vif, touchant et électrisant.

Alors, CHANSONS BLEUES, chansons blues? Le mystère du titre de cet album unique est aussi étrange que cette anecdote qui raconte que lors du remix de "Nice" à New York, Stephan aurait dormi dans le même lit que le mythique James Dean.

  MHB - Juin 2004

C’est parce que je ne les avais pas trouvées en 1994 en collectionnant toute la discographie existante de Stephan Eicher qu’elles étaient restées accrochées comme un point d’interrogation dans mon esprit. Je les avais cherchées comme on recherche un parent inconnu, ou disparu… Je les avais réclamées aussi…
Grâce aux échanges avec les fans de Stephan Eicher sur Internet, je pouvais cependant les écouter depuis peu de temps… Jusqu’à ce jour béni où Stephan nous promet la réédition des Chansons Bleues – et nous attendons de longs mois encore.
Les voilà enfin ! octobre 2003 ! C’est un anniversaire… Les Chansons Bleues fêtent leurs vingt ans ! De vraies jeunes filles ! Comme Stephan ne fait jamais les choses simple-ment, il nous offre deux CD. La version 1983 représentée par le dessin d’un vinyl sur le CD, et la version « Les Chansons Bleues (restaurées) » 2003 Stephan Eicher, annoncée sur l’autre CD par l’écriture même de Stephan en bleu sur fond blanc. Il n’a pas changé la couverture originale du livret, en noir et blanc, une photo quart de profil placée derrière… on ne sait pas… on dirait des gouttes d’eau, un éclaboussement, mais rien n’est moins sûr.
A l’intérieur du livret, les textes des chansons et les photos d’époque – et puis le récit détaillé du sauvetage des « jeunes filles ».
Enfin, sur la version 2003, Stephan nous offre « Komm Zurück »… un souvenir
;-) et un « Paris » majestueux qui mériterait d’être beaucoup mieux connu.
C’est ainsi que je serre contre mon cœur ce superbe cadeau avec toutes ces petites merveilles que sont « Sweetheart – Les filles du Limmatquai – J.B.G. – La pièce… » et LA « Chanson Bleue » pendant si longtemps rêvée.
Merci Stephan, Oh ! Merci Vraiment !

Les chansons bleues

Bleu comme les rêves quand ils sont bleus,
Bleu comme les pensées d’Anna de Noailles
Bleu comme les matins de printemps,
Près du Lac Léman…
Bleu comme l’impatience de l’adolescence,
Pour quelle autre raison la chanson
Bleu comme le jour quand il chasse la nuit
Aurait-elle été bleue… ?
Bleu comme l’espoir de lendemains meilleurs
 
Partager Berni - Juin 2004


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