WHATEVER Accueil 
 
Page d'accueil > Discographie > Engelberg

 

 
  Chroniques Engelberg - 1991 imprimer la page
 

Ce fut ma révélation, le moment ou je bascule dans le monde de Stephan Eicher, ou comme on dit " le Monde Eicherien". Sûrement comme beaucoup à l'époque, je fus séduite par une voix, les guitares électriques, les violons de "Déjeuner en paix".
Surement que sans cet album nombreux d'entre nous serait passé à côté d'un artiste...
Mais ensuite, je découvre le reste...
Côté musique on reprend ce qui existe déjà sur My place mais on approfondit un peu...On se sépare totalement de l'image ancienne de Stephan, de l'homme seul au milieu de ses claviers et de sa guitare...On se retrouve alors avec un Quatuor a corde, des guitares électriques et acoustique, une batterie, un accordéon, un synthé, un piano...Cette fois Stephan est décidé a être entouré d'instruments aux sonorités différentes...Et leur union, c'est son succès...Mais la musique n'est pas son seul atout...Côté texte, il y a Philippe Djian qui resigne là 4 textes...textes qui collent à l'artiste car ce qui plait aussi au public francophone, c'est ce coté torturé, plein d'inquiétude...Entre amertume et doute...Entre fragilité et solitude...Et comme pour insisté sur cet état, même le packaging est gris...sombre...Et pourtant tout n'est pas si sombre sur Engelberg, il y a "Hemmige" ou tout est rythme et devient drôle !!! Hemmige qui comme "Guggisberglied" permet au chanteur de mettre en avant ses origines et sa langue...Qui un jour aurait parié sur un titre Suisse-allemand ??
Et pourtant encore aujourd'hui il remue les foules avec ce titre qui est un indémodable !! Cependant malgré l'arrivée de Philippe Djian, les vieilles alliances persistent et Klaudia Shiefferle resigne elle aussi au côté de Stephan 2 titres " Es ist Alles" et "Wicked Ways"...Alors voilà...Engelberg, l'album enregistré au pied des montagnes...Dans un Hotel, L'hotel Hess, si cher à Stephan...L'album qui lança une carrière sur les sommets...UN album qui allies les auteurs...Un album ou se mélange musique classique et musique Rock...Ou le Français séjourne au côté de l'allemand, de l'anglais et du suisse allemand...C'est la suite d'un chemin qu'avait laissé présager " My place"...Oui Stephan prend place dans le Paysage musical francophone grace à cet album qu'est Engelberg.

  Speranzza - Juin 2004

"Stephan Eicher _ Engelberg " : ce titre clair et net, aussi net que la photo de couverture, en noir et blanc, où le profil aquilin d'un Stephan au regard sombre se découpe sur la neige des montagnes, cache un beau livret qui nous fait découvrir les visages de ses musiciens et l'ambiance unique dans laquelle ce disque a été enregistré. On sent Eicher a "l'aise" dans ces pages, entouré de fidèles, comme Violon, Daniel Affolter, Dominique Blanc-Francard et son assistante, Sophie Masson...et de prestigieux " nouveaux", tels Manu katché, Pino Palladino, Pierre Adenot.
Dès les premières petites notes aigrelettes suivies de la batterie de Manu Katché, j'ai su que là, il y avait quelque chose de spécial, un truc un peu plus lissé que dans les pécédents albums, mais avec une âme intacte enrichies des paroles de Djian.
"Wake up, shall a help ? " Yes, you have to do that ! J'aime ces réveils à l'Eicher parce que justement, " je n'ai pas d'ami comme toi", la deuxième chanson ( et tube! ) de ce disque. J'aime le rock et celui-là en particulier!Alors quand arrive " Move closer", j'apprécie qu'il sache aussi la douceur pressante des mots et mélodies simples et bien troussées. " Déjeuner en paix", ce tube qui lui faisait peur et qui lui colle au chausses, enflammes les foules comme au même moment la Guerre du Golfe a enflammé le Proche-Orient, pas pour les même raisons, hélas.
Pierre Adenot a génialement arrangé ces deux derniers titres, ainsi que Djian's Waltz", ballade touchante, lucide et désabusée qui clôt l'album ou " I'm so longsome, I could cry", où stephan reprend à son compte la musique de Jean-Sébastien Bach et les paroles de Hank Williams. Cet album se situe dans le droit fil de ce que l'on pouvait percevoir dans " My place", puisque les machines scède à présent leur place de premier rang aux musicians.
" Hemmige" de Mani Matter, repris également par Eicher, deviendra pour ses fans, la chanson Symbole de Stephan, pour son dialecte bernois, sa musique si entreinante et son texte si terrible.
La fin de l'album confirme sa dimension européenne avec une chanson en allemand, boulversante, " Es ist alles", en français ( signé Djian : "Tu ne me dois rien" ), en anglais ( "Come on home", prière éperdue pour celle qui est partie).
" Engelberg" est un disque béni par les anges des sommets de la gloire, et aussi celle d'un entourage pro et complice, d'une rare qualité. C'est LE pont entre la célébrité naissante et l'avènement de "Carcassonne". On y retrouve tout, y compris Klaudia Schifferle sur le vénéneux "Wicked ways"que j'adore, et on y découvre toutes les promesses d'un "musicien-skater" qui choisit ses ingrédients avec soin, les dose avec attention et précision pour les faires siens et offrir un son Eicher unique, une voix " sans peau sur glasse cassée", une sensibilité écorchée et une énergie électrisante communicative qui se déploie à l'envi sur scène. A star is born, " born to be wild" !

  Vega - Juin 2004


Un jour, on ne sait pas pourquoi, la vie faiblit – comme la petite flamme d’une bougie baignant dans la cire fondue. Pourtant, il faut encore éclairer le chemin de ces petites âmes à élever.
Les sourires ne viennent plus éclore sur les lèvres, les gestes sont devenus réflexes, quand tout à coup une mélodie attire le regard vers un écran de télé et fait naître un sourire. Une fois – c’est peut-être un hasard – mais le miracle se reproduit chaque jour, plusieurs fois par jour. Alors, la petite flamme qui vacillait se redresse timidement d’abord, puis tend fièrement vers le ciel, et chaque jour devient un peu plus forte. Ce miracle s’appelle « Hemmige » ! ça ne ressemble vraiment à rien de ce qui se fait : la langue est inconnue, le rythme complètement original, et le clip vidéo très champêtre. Le sourire, c’est le chanteur assis sur de la paille dans une grange qui le provoque quand il regarde la vache et les autres animaux au lieu des filles qui l’entourent. Je le connais… Oh ! oui, depuis longtemps déjà… mais jusque-là, je m’arrêtais aux chansons, pas à leur interprète. Stephan Eicher désormais sera lié à la chanson Hemmige.
« Maman j’ai acheté à Montpellier la cassette Engelberg de Stephan Eicher… tu sais celle où il y a Hemmige. Tu devrais l’écouter ! Ecoute-là ! »
« Non ! Pourquoi faire ? Je n’aime qu’une chanson, les autres pourraient me décevoir !»
Et j’attendrai « Carcassonne » à Carcassonne même, où nous allons habiter quelques mois plus tard, pour découvrir que, sans l’avoir cherché, je connais « Pas d’ami comme toi » - « Déjeuner en paix » - « Tu ne me dois rien » - Comment les aurais-je connues si elles n’avaient pas été médiatisées ? Avec « Carcassonne » je dévore le petite cassette d’Engelberg dans ma voiture et très vite j’achète le CD. Sa pochette est grise comme mon cœur réveillé par Hemmige il y a quelques mois.
Engelberg que je n’avais pas voulu écouter, était pourtant venu me chercher pour me hurler « Wake up, wake up… » Et c’est « Hemmige » que j’avais entendue. Engelberg voulait me parler des « wicked ways » et me disait que je n’étais pas seule puisque Stephan chantait « I’m so lonesome I could cry ». Déjà, il m’invitait à danser « Move closer » disait-il. Et je ne voulais rien entendre alors. Il m’affirmait pourtant : c’est « Easy » ! « Es ist alles » ! mais « quand le cœur devient sombre, les paroles sont amères, il n’y a rien à répondre, il n’y a plus rien à dire. »
Engelberg : Quatre chansons en français, « tout le reste en anglais », une en allemand, une en bernois, certainement la plus belle création de Stephan Eicher puisqu’elle est capable de sauver la vie… de sauver ma vie.

Réveille-toi, Réveille-toi !
Commence par Déjeuner en Paix
Tu ne dois pas t’endormir
C’est facile ! Et tâche d’éviter
Le monde est plein d’espoir,
Les mauvais chemins.
De langues nouvelles à découvrir,
D’accord, tu n’as pas d’ami comme moi
Ecoute celle d’Hemmige !
Mais tu ne me dois rien !
Tu n’es pas toute seule à pleurer
 
Partager Berni - Juin 2004

Chroniques précédentes Retour à la discographie Chroniques Suivantes