WHATEVER Accueil 
 
Page d'accueil > Discographie > I tell this night

 

 
  Chroniques I tell this night - 1985 imprimer la page
 

I tell This night est le seul album de Stephan Eicher dont j'ai eu trois cassettes qu'on m'a bousillées et un CD que je conserve pour moi toute seule maintenant. Ca doit être ça qu'on appelle l'expérience, j'avais une dizaine d'années environ. "Il a du faire toutes les guerres, pour être si fort aujourd'hui, il a du faire toute les guerres de la vie...", Merci Francis.

Tout çà pour dire combien je tiens à ce premier album sorti chez Barclay (enregistré à Paris et mixé à New-York par Harvey Goldberg), passionnément défendu par son nouveau PDG, Philippe Constantin, après que cette maison de disque ait été restructurée.

On y trouve deux reprises américaines pour ne pas perdre de vue ces musiques d'Outre Atlantique qui l'habitent ("Where did our love go" des Suprêmes, "No escape" des Seeds) sans le déposséder pour autant de la sienne.

La sienne est toujours dans la lignée de celles des "Chansons bleues", disque auquel il a repris " Komm zürück", avec ses machines, séquencers, synthés, boites à rythme, où une guitare Télécaster est seule ou presque, a été tolérée, pour la mise sous tension ! "Two people in a room" en est un bon exemple au même titre que "Don't disdain me", "I tell this night" où Stephan dévoile sa sensibilité singulière, son orgueil farouche, ses peurs souterraines...

La langue française encore trébuchante ("Tu tournes mon coeur", "Le matin") et concise, mais riche d'un impact émotionnel très fort.

Stephan y fait encore tout, tout seul, mélange, mixe, joue des synthés et de la guitare en véritable " Tambourine Man" comme le chante Mister Zim.

L'expérience de Grauzone lui a appris que les groupes peuvent apporter beaucoup, y compris des problèmes. Etre seul est assez terrifiant mais ça rend vivant et ça booste la créativité. En plus quand on fait des fautes, on ne peut s'en prendre qu'à soit, ou on engueule l'ordinateur.;)

Il y a quand même Violon en Backing Vocals sur "I tell this night" et Théo Hakola sur "Where did our love go" (qu'on retrouvera bien plus tard dans l'aventure du "Edgar Allan Poe Project" où Stephan chante "Arthur Gordon Pym" en duo avec Rodolphe Burger de Kat Onoma.)

Cet album est aussi épuré et coloré que sa pochette dessiné par Luciano Castelli, artiste suisse de Berlin, sur laquelle un croissant de lune rouge sang suit obstinément le visage incliné d'Eicher : "Every moon is horrible and every sun is bitter".

Et quand Stephan, seul en scène, plante sont regard noir dans le votre, et entonne "Don't disdain me", d'une voix au timbre voilé, légèrement écorchée, çà force le respect, et on a plus qu'une envie, celle de dire à cette nuit " Please slow down, please slow down".

  Manou2 - Juin 2004

“Two people in a room” 1985… comme moi et mon bébé nouveau né, là-haut dans cet appartement strasbourgeois au 5ème étage ! La musique attire mon regard vers le clip vidéo diffusé à la télé. Des images étranges. Je pense aux réalisateurs… Où vont-ils chercher des idées pareilles ? Quel rapport avec la chanson ? Je crois comprendre qu’il s’agit de problèmes de cohabitation entre les individus d’espèces humaines ou animales ! Des nuées de mouettes et des hommes luttant pour les attraper et les enfermer dans des sacs de jute, des combats de coqs, de sumos, de béliers, d’éléphants de mer et puis un homme (Stephan Eicher) et une femme (Corinne Dacla)… qui se cherchent ? qui se quittent ? Ces deux-là me rappellent mes parents, (ils leurs ressemblent physiquement au même âge) ! Ma toute petite enfance à Paris me revient sur ce quai de gare, l’éveil de mes sens, l’éveil de ma conscience... La chanson me plaît beaucoup, sa mélodie est belle… le chanteur ? Je n’en pense rien ! Si ! une chose ! Il n’est pas gai ! Sinon rien.
Neuf ans ont passé quand j’achète « I tell this night ». Je redécouvre avec surprise et bonheur « Two people in a room » - mon tout premier contact avec la musique de Stephan Eicher. Je revois aussi le clip avec beaucoup de plaisir. L’idée que déjà je n’avais pas été indifférente me touche beaucoup.
Lorsque j’écoute enfin « I tell this night », je ne peux pas échapper cette fois à « Where did our love go »… j’imagine le choix difficile entre cette chanson (mais c’était une reprise – je l’apprendrai plus tard) et « Two people in a room ». Je souris sur les textes en français « Tu tournes mon cœur » et « Le matin » pourtant reprise plus tard sur Guarda e passa. Stephan si jeune ose déjà tout ! Même écrire en français ! quand moi j'ose à peine aborder ma langue maternelle... ! Je trouve intéressante aussi la musique de « Komm Zuruck » - « Don’t disdain me » réinterprétée sur Non ci badar.
Pas la moindre photo dans le livret et sur la couverture, une simple et sobre ébauche aux traits de couleurs sur fond blanc. J’imagine la frustration de celui ou celle qui achetait à l’époque le CD pour écouter « Two people in a room » sans avoir vu le clip : Mais qui est donc Stephan Eicher ?

He tells this night
Two people in a room
He said :
“Don’t disdain me !don’t disdain me !”
“Where does our love go ?”
But le matin
She’s gone

Partager Berni - Juin 2004

Chroniques précédentes Retour à la discographie Chroniques Suivantes