WHATEVER Accueil 
 
Page d'accueil > Discographie > My Place

 

 
  Chroniques My Place - 1989 imprimer la page
 

Sorti en 1989, emballé par J.B Mondino et produit par Dave Allen et Stephan Eicher, "MY PLACE" marque un tournant dans l'évolution musicale de ce dernier.

Il a eu la chance de rencontrer Moondog aux Transmusicales de Rennes et de travailler avec ce personnage hors normes qui a promené jusqu'à l'aube de ce siècle, sa silhouette de viking aveugle dans le paysage de la musique contemporaine et folklorique.

Il a découvert un maître, J.S. Bach, par la grâce de l'excentrique pianiste virtuose Glenn GOULD, et a rencontré son futur fidèle ami et parolier français attitré, l'écrivain Philippe Djian qui lui écrira grand nombre de chansons d'une densité émotionnelle parfois exceptionnelle.

L'album respire au rythme de ces rencontres et d'un classique quatuor à cordes dont Stephan, délaissant un peu les synthés et boîtes à rythme, maîtrise fort bien la dimension humaine qu'il peut lui apporter.

Sur des mélodies simples mais drôlement bien balancées, il parle d'amours, de vie et de mort sur des paroles de Klaudia Schifferle qui excelle dans l'écriture claire obscure ("in trouble with my soul, I'm a story backwards told"[à la tournure incorrecte pour les puristes, parait-il] in "This City" "To get you there") ou des textes de Djian comme "Rien à voir", "Me taire", "Sois patiente avec moi" (que de fins chroniqueurs remplaceront illico par : "soit pas chiante avec moi" (sic)!) ou le méconnu "Bon pour moi" mal aimé de beaucoup sauf de moi : cette chanson me fait rire! ;)

Eicher n'en oublie par pour autant ses propres mots luisants de tendre tristesse, enveloppés de sa voix unique ("Life is bitter"... a kiss could be so sweet", "Right now", "My heart on your back") et nous livre pour finir deux reprises du "Guggisberglied", ballade suisse du 17ème : sa version et une autre, réorchestrée par Moondog.

Entre Yovo M'Bouaké à la basse, Violon, l'ex batteuse de Lili Drop, dans les choeurs, et la violoniste classique pur malt Jackie Norrie, Stephan Eicher ose les cordes de violons à l'état vif, enlacées à celles d'un piano, soutenues par la batterie ou de simples claquements de doigts. La musique (et la scène), il le dit bien :

"This is My Place" !

  MHB - Juin 2004

Jamais aucun objet ne fut plus manipulé, plus regardé, plus caressé, plus écouté…
Arrivé en même temps que « Carcassonne » et « Engelberg » pour moi, il est approfondi légèrement plus tard. Ses lettres d’or ne cessent de me lancer des appels de leurs éclats, comme des clins d’œil.
Jean-Baptiste Mondino, sur fond blanc, capte la magie et la grâce du visage de Stephan Eicher en première de couverture du livret. Chaque détail se rassemble, à la fois banal et extraordinaire, sourire aussi mystérieux que celui de la Joconde, la boucle d’oreille apparente, les sourcils épais plongeant en avant et que l’on devine lissés, la bouche maquillée, jusqu’à la mèche rebelle des cheveux noirs ondulés tombant sur le front et l’œil… pour composer « la toile ». Afin que le portrait ne puisse s’échapper de son cadre, il le protège derrière des rangées de fils, comme des barbelés, composées de mots écrits par Stephan lui-même… des extraits de ses chansons.
« Sois patiente avec moi » - je découvre le clip que je n’ai pas connu parce qu’absente de France à sa sortie… il est plein de symboles impossible à déchiffrer, il me manque les pièces pour reconstituer le puzzle.
Sur un cahier d’écolier, que je commence par la fin, je raconte à l’envers l’histoire de mes découvertes sur Stephan Eicher… jusqu’au jour où une jeune étudiante canadienne de langue anglaise me demande : « Sais-tu ce que veut dire : A story backwards told ? » - « Pas vraiment non ! » - « Une histoire racontée à l’envers » !!!
Je reçois cette révélation comme l’éclaboussement du contenu d’un seau d’eau… Dès lors, j’essaye de comprendre tous les textes, au moins ceux en anglais.
Et je ne peux rester indifférente à « Life is bitter » parce que dédiée à l’inconnu Jean-Baptiste Donzella. « My heart on your back » - « This city » - « My place »… J’aime tout car tout est bon… « Bon pour moi » !
Mais dès les premiers instants de la découverte de « My place », le charme inexplicable et envoûtant du « Guggisberglied » s’empare de moi… Abasourdie une fois de plus, je découvrirai plus tard, dans une émission présentée par Laurent Boyer, que Stephan ressent la même chose pour cette chanson. En attendant, je l’apprends par cœur dans la langue qui n’est pas la mienne et que je ne comprends pas, le bernois. Je l’apprends pour m’imprégner de l’accent, des mots prononcés par Stephan Eicher, surprise de découvrir qu’elle a finalement ma préférence face à Hemmige que je ne peux pas chanter.
J’ai acheté sans hésitation la version de luxe remasterisée quelques années plus tard, pensant que j’avais « usé » hi hi ! mon premier CD pour avoir trop écouté le Guggisberglied. Mais seul mon ancien lecteur s’était usé !
Je n’avais donc pas perdu « My place » !

Qui connaît l’interminable voyage
Depuis que tu es parti
Le voyage entre toi et moi ?
My heart on your back
Vreneli dans le Guggisberglied
Je ne sais plus où est
Sans doute !
My place !
Partager Berni - Juin 2004

Chroniques précédentes Retour à la discographie Chroniques Suivantes