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  Chroniques Silence - 1987 imprimer la page
 

17 août 1987 : Elvis Presley quitte ce monde.
Le même jour, à l'autre bout de la planète, c'est l'anniversaire de Stephan Eicher, grand admirateur du King, et la sortie de son album : "Silence"!

A la différence du précédent et du suivant, "I tell this Night" et "My place", "Silence" est produit par Stephan, ce qui lui donne une grande liberté de choix dans sa réalisation, dont le choix de la couverture, volontairement simple et nette, et celui de l'atmosphère contrastée de l'album, musicalement et émotionnellement.

Enregistré en studio, à Bruxelles et en live par un Eicher en solitaire, c'est une transition, un pas hésitant vers la musique classique qui s'affirmera sur My Place.
Il ne s'agit cependant pas pour Stephan de renier ses références musicales rock-acoustique-techno-speedy-metal-punk. Le Noise Boy n'oublie pas Dylan dans "Tomorrow will be your day" ou Tom Waits sur "Bend & break"...

Eicher sait ce qu'il veut : des guitares nerveuses, des claviers, de l'émotion pure.

Il veut aussi de la musique classique sur certains morceaux et il l'obtiendra avec des samplers qui donneront à l'album sa "european human touch" ("Silence", "Combien de temps").
Il veut aussi une voix noire. Ce sera celle de Madeline Bell, LA voix noire des backing vocals (elle a déjà séduit Johnny Hallyday et Joe Cocker) qui, liée à celle de Violon (Fat City, Lili Drop), viendra offrir sa profondeur de champ à cet album ("Tomorrow will B your day", "Little death", "Combien de temps", "Bend & break") et en arrondir le côté parfois un peu brut.

Chaque chanson a son émotion propre, son histoire : la très dylanienne "Tomorrow will be your day" est née avec la complicité de Klaudia Schifferle, à la suite d'un accident de voiture qui faillit coûter la vie à Stephan, en Normandie , "Langue au chat" d'une confusion d'expressions entre langues française et allemande (coécrite avec Marcus, un ami punk).

"Silence", premier morceau vraiment fait pour le disque est arrivé entre les touches d'un piano à Lyon, a suivi Stephan à Paris jusqu'au soundcheck de l'Olympia et ce morceau très acoustique ne l'a plus quitté ensuite : il en a fait le titre de cet album.

Le contraste est violent avec "Leave it like it was"et l'énergie brute qui s'en dégage, avec "Combien de temps" venue sur des échauffements à la guitare et des mots de Corinne Dacla, cette mélodie pop par excellence(musique classique du début, électronique soft, beat sympa...) qui sera le parfait single de cet album.

"Save me", irrésistible (et rare!) chanson d'amour, étrange et si séduisante "Little death" (toujours écrite avec K. Schifferle), "Bend & break"( une chanson importante pour Stephan, l'auteur des paroles : "what does it better bend and finally break?" ) précèdent "Der Weg zu zweit" signée des frères Eicher (Martin et Stephan), qui remplira les 3 minutes restant sur cet album.

Fort de ses 5 titres en anglais (pour le rythme), trois en français (pour l'ambiguïté du langage) et un en suisse-allemand (pour la facilité), "Silence" s'enrichit du souffle rock de la grande Amérique et ce pari multiculturel et pluriémotionnel est gagné : "Silence" a ouvert la voie à "My place".

Stephan n'aura plus qu'à poser sa voix singulière sur les mélodies .... mais ceci est une autre histoire! ;)

  MHB - Juin 2004

« Combien de temps » est ma deuxième chanson entendue de Stephan Eicher. C’est en 1987 que mes yeux, une nouvelle fois attirés par les sons, se portent sur mon écran de télévision. J’ai cessé de travailler : un bébé, un prochain départ à l’autre bout du monde, mon temps est ponctué de musique et de clips vidéo. Ce sont les toutes premières notes de « Combien de temps » qui attirent mon regard vers l’écran pour découvrir deux violonistes tête-bêche, couchés apparemment dans l’eau. Interrogation au sujet des réalisateurs et des techniques employées… comment font-ils ? Ils ont de drôles d’idées ! En tout cas c’est très beau, très coloré aussi, et la chanson est en français, écrite par Corinne Dacla. Ce n’est pas un hasard, elle est déjà présente dans le clip vidéo de « Two people in a room ». Comme pour cette dernière, les images me ramènent à mon enfance avec les feuilles d’automne qui recouvrent le corps de Stephan Eicher. Et puis, le petit avion modèle réduit… Mon appartement est plein d’avions modèles réduits. Enfin un bébé, comme moi au même moment. Tout cela, et la musique autour, ne peut me laisser indifférente.
Mais Silence naît dans ma vie en 1994. Stephan qui, habituellement compose avec le « bruit » pour en faire une toile de maître impressionniste, à l’égal de Claude Monet dans ses recherches picturales, ne peut sérieusement nous imposer le Silence… Si ! pourtant ! Il nous demande seulement de ne pas toucher au silence – Son « Silence » ! Et je le comprends.
Le CD le plus sombre, le plus noir, le plus angoissé, le plus tourmenté, de Stephan… celui qui a probablement planté en moi la graine d’une grande inquiétude pour lui à l’écoute de « Save me » - « Bend & Break » - « Little death » - « Leave it like it was » et même « Tomorrow will be your day ». Pochette fond noir (on nous dit cover Stephan Eicher) pour un portrait par Eric Mulet. Le noir habitait réellement le fond de Stephan. « Der weg zu zweit » semble plus optimiste mais elle est de 1981… l’époque où le rêve prend forme, celle où la petite lumière de la réussite est à portée de main, pas très loin devant lui.
Je découvre que Stephan persiste à vouloir écrire en français avec « Langue au chat » et « Silence » une petite réussite. J’ai souri oui… puis j’ai aimé Silence.
« Combien de temps » plein de couleurs, plein de fraîcheur et de jeunesse, contraste donc avec l’ensemble du CD Silence et de son auteur. Ce contraste est probablement dans le ton et le procédé de Stephan Eicher : clair-obscur.

Chut ! La douleur aime le silence
Cette petite mort pour l’apaiser
Une simple anesthésie
Tandis que l’âme supplie « Save me »
Tu verras :Tomorrow will be your day.
J’ignore dans Combien de temps.

Partager Berni - Juin 2004

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