Two
people in a room
Weiss nid was es isch
Pas d'ami
Eldorado
Manteau de gloire
I Tell this night
Confettis
Rien n'est si bon
Combien de temps
Voyages
On nous a donné
Ce peu d'amour
I cry at commercials
Hemmige
Rendez-vous
Déjeuner en paix
(Charly &Happy Birthday)
Silencehh
Photos
et vidéos : Raphaëlle Z.
Un impérieux besoin d'escapade le
temps d'un week-end nous a conduites à
Niort, Raphaëlle et moi, en ce 29 février
2008. En revenant de déjeuner, on
avait aperçu "The" bus
devant le Moulin du Roc vers 15h l'après
midi déjà mais on avait pas
voulu déranger et on est revenues
seulement vers 19h15.
Agréable surprise : il bruine et
il y a du vent dehors mais on attend au
chaud et à l'abri dans une grande
verrière décorée de
plantes vertes…et de bancs où
s'asseoir : le must! L'accueil est très
souriant et toute la soirée baignera
dans cette atmosphère détendue.
Une petite musique conquérante retentit,
annonçant l'ouverture des portes
et la ruée vers…l'"Eldorado"
des 1ers rangs de la chaleureuse et jolie
salle dont les fauteuils rouges en gradin
nous tendent les bras.
Les instruments luisent doucement dans l'obscurité
sous le regard du public qui arrive et les
soins attentifs des techniciens qui font
les dernières vérifications
d'usage. La musique de fond est un drôle
de melting pot de folk et de tango, très
curieux mais séduisant!
Le public s'agite vers 20h40 et applaudit
: Stephan, tout de noir et blanc vêtu,
fait son entrée dans l'ombre, avance
jusqu'au micro, prend sa guitare aux mêmes
couleurs que lui et commence "Two people
in a room", Weiss nid was es isch",
"Pas d'ami". (
)
Dès ce moment-là, je sens
que ce sera mémorable. Je le sens
à la qualité du silence qui
règne dans le public, à son
respect attentif, à cette émotion
de retrouvailles presque palpable tant elle
est denses. "Weiss nid was es isch"
tout en délicatesse fait venir Reyn
Ouwehand et Toby Dammit (éclairés
l'un après l'autre). Chacun est entouré
d'instruments, pédales et matériel
électronique divers, Reyn aux claviers,
à la basse et à la batterie,
Toby à la batterie aussi et aux percussions
variées.
Tout au long du concert, on apprendra qu'ils
ne font pas seulement des chœurs impeccables
(notamment sur l'époustoufflant Eldorado),
mais aussi de sacrées beatbox, en
particulier sur Hemmige, une chanson un
peu dingue totalement remise à plat
et retravaillée , comme tout le spectacle
d'ailleurs , avec claquements de mains qui
me rappellent Les Inconnus et leur fameux
"Isabelle a les yeux bleus" et
incrustation des "Filles du Limmatquai"
(Ô joie!)
Tout le monde rit et sourit, y compris Stephan
et ses deux acolytes. Un truc ne marche
pas? Il en rit, s'en amuse et en joue…
et nous aussi. On remarque beaucoup de signes
cabalistiques avec les mains ou le regard
en direction du coin où se trouve
la console et son ingénieur du son
(JM. Ballu). On a le sentiment d'une véritable
complicité entre eux et avec le public,
extrêmement réceptif aux émotions
diffusées sur la scène.
Les éclairages sont sublimes quoiqu'un
peu violents parfois, mais jamais gratuitement,
et donnent à chaque chanson une tonalité
particulière. Le son puissant ou
doux, est presque parfait : que Stephan
chante à plein poumons ou murmure
à peine, tout est distinctement compréhensible
et restitue une émotion intacte (
). La démonstration est éclatante
sur "I cry at commercials", "Voyage",
"Combien de temps", "Confettis"
(comment fait-on pour rester assis dans
un moment pareil??!!)…
"On nous a donné"…
et tout à coup Stephan s'agenouille
devant une petite machine qui enregistre
en boucle les notes qu'il tape sur son mini
clavier. Ca me rappelle un peu la mélodie
entêtante de "Rencontre du 3ème
type" . La salle est attentive au moindre
geste de Stephan qui s'installe et se déchaîne
à la batterie que Toby Dammit lui
a laissée pour filer au pas de course
vers celle de Reyn. L'atmosphère
est chauffée à blanc. Tout
cela se déroule sous un déluge
d'éclairs déclenchés
par Reyn à chaque fois qu'il frappe
une cymbale, tel Jupiter tonnant! "Ce
peu d'amour " suit : encore une merveille.
Plein d'anecdotes racontées sourire
aux lèvres et malice au coin des
yeux, impossibles à rapporter tant
elles fourmillent. L'histoire des 26 (ou
27?) musiciens de départ perdus en
route, et réduits à 3 pour
la tournée depuis la Belgique, celle
du saut dans le vide avec les 3 derniers
étages, les plus difficiles à
passer…(
)
Et puis, "Est-ce que je peux vous demander
une faveur?" nous demande Stephan.
D'une seule voix, la réponse fuse
: "ouiiiiiiiiii!". Il voudrait
qu'on chante "happy birthday Martin"
sur la musique de "Charlie" pour
le 60ème 'anniversaire de celui qui
lui a écrit cette chanson, "Weiss
nid was es isch", et " Zrugg zu
mir" : Martin Suter….qui est
au Guatemala!! (6h de décalage horaire
si je ne me trompe pas) Ca ne fonctionne
pas bien alors on en reste au classique
"happy birthday". Le miracle du
téléphone va permettre de
faire ça en direct depuis la scène
de Niort. Stephan s'adresse à l'obscurité
d'un côté de la scène
:
"Mais viens, Fabrice, il croient tous
que je parle à la sortie de secours!"
Fabrice Fourgeaud entre dans la lumière
de la salle qu'on a éclairée
: il n'arrive pas à a avoir le Guatemala.
Reyn imite les sonneries de téléphone
pendant que Stephan demande alors qu'on
aille chercher dans sa loge son téléphone
portable à lui et continue pendant
qu'il compose le numéro.
"Vous n'avez rien prévu d'autre
pour ce soir, vous avez le temps?"
lance-t-il en riant alors qu'il peine à
obtenir le numéro demandé.
Tout le monde rit, heureux à l'idée
de faire cette surprise. Un signe de Stephan
et on entonne un très réussi
"Happy Birthday to you, Martin".
Pour prouver que c'est du direct, il tend
son portable vers nous et nous fait signe
de nous manifester, ce que nous faisons
avec joie! "Une dernière chanson
et je te rappelle" dit-il. (
)
Après un "Merci! Vous êtes
adorables : ne changez pas" qui nous
touche tous en plein cœur, on poursuit
"Déjeuner en paix " qu'il
avait "oublié" de chanter
et qu'on lui "soufflera" avant
de chanter tous seuls comme des grands devant
un Eicher épatant en chef d'orchestre
précis et attentif. On finit sur
Silence. Magnifique! Salle debout, silence
recueilli où en entend presque la
respiration de son voisin bien que les gens
se soient levés pour danser et s'approcher
de la scène depuis longtemps.
C'est un bonheur sans nom
ce soir-là. Stephan est même
descendu de scène pour venir tester
(et confirmer!) le confort des fauteuils.
Il semblerait que ces "waves of fears"
qui l'empêchaient de vivre totalement
la plénitude d'un concert se soient
envolées cette nuit-là, laissant
place à une confiance réciproque
entre le public et lui, à un échange
riche et constant entre la scène
et la salle qui tape dans les mains et chante
et crie et n'en finit pas d'ovationner Eicher
qui s'en va tout de même : tout à
une fin!
Petite
séance de dédicaces dehors,
toujours dans le sourire, la gentillesse
et l'humour, un pétillement heureux
au fond des yeux. Chacun y va de sa plaisanterie.
L'inéluctable séparation ne
sonne pas comme un déchirement pour
nous, ni comme un soulagement pour Stephan,
juste un au revoir plein de chaleur au cœur
de l'ombre encore pleine de l'allégresse
de cette soirée bénie et une
voiture qui s'en va sous les applaudissements
et les bises soufflées à fleur
de doigt.