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Festival
de Cornouaille
Pavillon
de Penvillers à
Quimper,
22 Juillet 2004 |
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Stephan
Eicher "Je n'ai pas de racines"
Le
Télégramme ( vendredi 23 Juillet
2004)
Invité du
festival de Cornouaille, Stephan Eicher succédait,
hier soir, sur la scène du Pavillon de Quimper
à Johnny Clegg. " Zoulou blanc",
"Suisse errant" : les clichés faciles
s'accrochent aux deux chanteurs dant la carrière
a explosé dans les années 1980. Adeptes
des métissages musicaux, ils ont tous les
deux été branchés par les artistes
bretons : le bagad de Kemper pour le premier, Ronan
Le bars, Didier Squiban, Soig Sibéril pour
le second. Le Suisse aux origines tziganes refusent
pourtant de se laisser enfermer dans une quelcomque
identité.
Stephan Eicher, on vous qualifie de Suisse
errant, vous chantez les hôtels, utilisez
plusieurs langues...D'où êtes-vous
?
Au risque de décevoir les journalistes
bretons, je ne me sens pas enraciné. J'ai
bien sûr du plaisir à retrouver les
montagnes, mais au bout de dix jours, j'ai envie
de partir. Vos ancêtres à vous, Bretons,
comme les Corses, sont partis dans le monde sans
racine, la mer. C'est là qu'avaient lieu
les échanges. C'était un monde instable.
Le retour à la terre représente
la stabilité, la sécurité.
Mais je ne crois pas aux racines.
La musique bretonne est pourtant enracinée
?
Non, c'est de la musique celte, nomade.
La musique bretonne, c'est le meilleur des mélanges.
L'âme résonne sur des tonalités,
des sons. A chaque fois, ça a été
un grand plaisir de jouer avec Ronan le Bars,
un musiciens hors norme, Didier Squiban, Soig
Sibéril. Moi-même, j'ai grandi avec
la musique folklorique tzigane.
Vous vous sentez européen ?
Même pas. L'europe n'existe pas.
Peut-être aura-t-elle un sens pour nos enfants.
Je suis Suisse, même pas Européen.C'est
le paradoxe de cette Suisse qui est, en même
temps, dans et hors de l'Europe.
Musiciens du monde, vous êtes tenté
par les Etats-Unis ?
L'amérique, c'est un cauchemar.
Pour moi, il est plus important de comprendre
l'Afrique. C'est un berceau.
C'est un engagement ?
Je suis plutôt ludique.
Propos
recueillis par Ronan Larvor.
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Eicher,
magistral et amical Le télégramme ( 24 juillet
2004) "Vous
allez voir la différence entre un grand guitariste
comme Soïg (Siberil) et le guitariste Stephan
Eicher. Je comprendrai que vous le suiviez un peu
plus loin pour un autre concert de la soirée",
a sérieusement plaisanté le rocker
suisse, jeudi soir, en escale quimpéroise
de sa tournée "Taxi Europa".
Mêmes louanges à
l'égard du pianiste Didier Squiban, interprète
d'un splendide solo avant-hier soir, ou sonneur
de uilleans pipes, Ronan Le Bars, dont les textures
musicales, toujours aussi saisissantes ont magnifiquement
coloré quelques morceaux déjà
très nuancés du "chauffeur de
taxi". Sincère humilité, spontanéité
des mots, généreuses accolades ont
accompagné un set très professionnel,
nourri d'un flot quasi ininterrompu, tout en contrastes,
de chansons et d'images projetées en fond
de scène. Parfois en subtil contrepoint d'ailleurs.
Déjeuner dégivrant
On s'est demandé un moment si le décalage
entre cette profusion de séquences artistiques,
cette énergie scénique, cette chaude
complicité allait parvenir à transcender
un public manifestement froid et poli. Sans doute
transi d'émotion! L'assistance semblait encore
digérer paisiblement, ne réagissant
qu'à peine aux sollicitations d'Eicher sur
le suggestif "Rien de mieux" - et ses
lèvres rouges pulpeuses envahissant le mur
d'images -, lorsque le chanteur a entamé
une vigoureuse et électrique variante de
"Déjeuner en paix", ce fameux du
début des années 1990. La salle s'est
subitement enflammée à quelques notes
seulement de la fin du concert. Puis a ardemment
réclamé un rappel...qui s'est avéré
de toute beauté. Et ponctué d'un vibrant
hommage à Johnny Cash, le chanteur américain
de country décédé en septembre
2003. Et d'un autre, peut-être, à Etienne
Roda-Gil, célébre parolier disparu
en juin?Toujours est-il que le groupe de Stephan
Eicher a livré jeudi soir, un époustouflant,détonant
et résolument rock "Joe le taxi",
dont le texte écrit par Roda-Gil, a révéléVanessa
Paradis. Un remake lancé sur quelques notes
du groupe Europe ("The finalcountdown")!
Il fallait y songer...
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Les
v ideos cachées sous les images ne
sont lisibles qu'avec Windows Média
Player 7.1 ou version supérieure (telechargeable
sur le site de Microsoft
)
Le
son ou l'image ou les deux sont souvent médiocres,
la perfection n'est pas de ce site...
Par contre, si vous souhaitez avoir une idée
de l'atmosphère de ce concert du Festival
de Cornouaille à Quimper, que nous
avons partagée avec Johnny Clegg ;o))
en ce 22 juillet 2004, alors lisez, regardez,
écoutez... et laissez l'imagination
faire le reste! |
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On
n'est pas des boeufs !
Le télégramme
( 24 juillet 2004)
"
Pop, pop, pop...Assis tout de suite,
là! Il est interdit de rester
debout pour des raisons de sécurité."
Concert de Stephan Eicher, jeudi soir.
Le public est sagement, ou plutôt
forcément, aligné en
rang d'oignons sur des rangées
de chaises. Sauf ce malheureux spectateur
qui a eu l'audace, que dis-je, l'impudeur,
l'insolence, l'irresponsabilité
de se lever pour taper du pied, admirer
son idole, communier avec ses chansons,
entonner à son tour son refrain
préféré. Bref,
assister à un concert!
Un CONCERT au coeur du FESTIVAL. Où
chacun est censé pouvoir se
vider la tête, bouger son corp
dans la lumière si le coeur
lui dit. Eh, ben, au Pavillon, c'est
non ! Pas le droit de fumer, on respecte.
Rien à manger dans la salle,
ni aux alentours, on respecte aussi.
Mais pas le droit de danser, on va
où, là ? C'est bien
joli de swinger de l'orteil, bien
caché dans sa chaussure, elle-même
planquée sous la chaise du
voisin au cas où on vous repère.
Ou de taper la mesure, le petit doigt
dans la poche, pour que personne ne
vous remarque. Mais on n'est pas à
l'Opéra de Paris, ici. On est
à Quimper, où le Festival
nous a promis d'assister à
des concerts d'enfer. D'enfer, oui.
Parqués dans une salle, cernés
de policiers aux oreillettes bien
branchées, avec interdiction
de bouger et de manifester. Franchement,
là, faut arrêter. On
n'est pas des boeufs, non plus !
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Marguerite
Des Champs |
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Eicher, le nomade, s'arrête à
Quimper
Ouest-France ( vendredi 23 juillet 2004
Stephan
Eicher et son Taxi Europa, ont fait escale hier
soir au Pavillon. Près de 2000 personnes
s'étaient déplacées pour
venir applaudir le chanteur helvéte et
ses trois invités bretons qui participaient
à la fête : Didier Squiban et son
piano, Ronan Le Bars et son uilléann pipe,
Soïg Sibéril et sa guitare.
Tee-shirt noir et jean, Stephan
Eicher fait une entrée décontractée,
hier soir au Pavillon. Près de 2000 spectateurs
ont rendez-vous avec son univers. Sur scène,
derrière lui, un écran géant
fait défiler les images : embarquez dans
le Taxi Europa avec Stephan Eicher et sa troupe
de cinq musiciens. C'est, bien sûr, trois
titres extraits de ce dernier album qui ouvrent
la soirée. Une ambiance rock à laquelle
le public adhère immédiatement.
Dans l'après-midi,
Stephan Eicher est arrivé en retard à
la conférence de presse. Un emploi du temps
très serré l'avais retenu. Le chanteur
préfère en rire. "
Désolé pour le retard qui n'est
pas très suisse. " Il pose
ses valises, le temps d'une escale, dans une région
qu'il connaît bien. Il a vécu de
bons moments en Bretagne et s'en souvient avec
plaisir :
" J'ai passé un temps à
Pont-Aven. On a fait des bouffes et évidemment
de la musique. J'ai des liens personnels ici."
Le chanteur helvète
a plusieurs ports d'attache. Nomade, il poursuit
sa route, brasse les cultures et refuse les étiquettes
et les frontières.
"Je ne suis pas un Européen,
je suis un être humain." Il
ne croit pas en l'enracinement des peuples mais
aux rencontres des genres et cite la musique bretonne
comme " le meilleur exemple de métissage."
Avec ses amis bretons
Stephan Eicher a l'âme vagabonde,
il a sillonné les quatres coins de la planète
et s'est enrichi de ses voyages. Musique tzigane,
folk, rock ou électro, les influences du
musiciens sont multiples. Il recherche avant tout
les sensations. " L'âme résonne
sur des tonalités, des odeurs."
La création
est une question d'atmosphère. Il aime
enregistrer dans des endroits insolites. Une anecdote
sur son passage à Concarneau. "
J'aime beaucoup le château de Kerriolet.
Je me suis dit que je ferais bien un disque ici.
Le problème c'est qu'on était en
décembre et qu'il n'y avait pas de chauffage
dans le château. Alors si un jour, je trouve
un planning en été, peut-être
que je le ferais."
En attendant, il part rejoindre ses amis bretons
pour répéter. " On
n'a pas vraiment eu le temps de préparer
ça. On se connait, on a décidé
un peu d'une liste de morceaux que l'on va faire.
C'est un vrai plaisir de se retrouver sur scène".
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