WHATEVER Accueil 
 
Page d'accueil > Concerts > Folies Bergère 2008

 

 
 

Concert Folies Bergère - Paris
(17
Octobre 2008)

 

 
Photos
Song-Song
photos du concert
 photos du concert
agrandir photo
audios
minis vidéos
"Zrugg zu mir"
Vidéos MPG, ne fonctionnant pas avec
IE 8, si vous utilisez cette version, utiliser un autre navigateur (Firefox par ex. ;o))
audios
Photos, vidéos, audio : MHB & Rapha Z.
 

17 octobre 2008 aux Folies Bergères (Les Folies désignait, depuis la fin du XVIIIeme siècle, des 'maisons de plaisance', créées sous la Régence par de grands et riches nobles, pour abriter des fêtes nocturnes, concerts, spectacles et ballets): en vrac et en détails, des bribes de ce concert d'un certain Stephan Eicher accompagné de deux musiciens magnifiques : Toby Dammit (batterie, percussions, claviers, chœurs, human beatbox…) et Reyn Houwehand (claviers, bass, cymbale, choeurs…)

C'est ma première "dernière", je ne sais pas ce que c'est, sinon le dernier spectacle d'une tournée. Je n'en reviendrai pas les poches vides de souvenirs (j'espère qu'il est encore temps de les sortir et qu'ils ne sont pas trop froids ;-).

Une salle extraordinairement "Rococo", décor de stuc et bois, couleurs vives, pas du tout sobre, tout le contraire. Cette salle, née dans les années 1870 alors que se poursuivait la conquête de l'Ouest en Amérique, doit avoir gardé quasiment intact son décor d'origine, les fauteuils de velours rouge à sièges rabattables et au confort spartiate et les strapontins encore plus durs au bout de chaque rang. Les ouvreuses se cognent régulièrement les rotules dedans serrant les dents au milieu de la foule qui se densifie peu à peu. Il n'y avait que quelques personnes à notre arrivée, ce n'est plus le cas maintenant, un monde de tous âges et de milieux divers envahit les travées. Le théâtre n'est pas si grand que ça finalement et constitue à lui seul un "voyage"…

Dans le même décor qu'à l'accoutumée, style dépouillé de studio photo noir et blanc, en contraste avec cette salle, s'activent les techniciens pour les derniers réglages : la routine, quoi, enfin presque… Sauf que cette fois_ci, ce sera la dernière fois de cette année que je pourrai sentir sur moi le souffle si particulier de cet Eldorado : doux, tiède, voilé, brûlant, tempétueux, la profondeur de ces chœurs émouvants qu'on entend dès les second morceau "Weiss nid was es Isch", à l'arrivée de Toby et Reyn, après un tête à tête Eicher – son public comme s'ils étaient "2 people in a room", ce qu'ils sont d'ailleurs.

Voix de soie et cashmere, arrangements sans cesse affinés, travaillés, ambiance folk, rock, drôle, mélancolique… C'est donc ça une dernière? Une atmosphère familière qui enchante et réconforte, teintée d'un je ne sais quoi de fête et de fin d'aventure, ponctuée de cris qui me rappellent un peu les années 92 et "Engelberg"("Confettis"). Ca chante (juste!), ça hurle (parfois), ça tape dans les mains, ça fait silence et ça aime sans bruit ou avec effervescence, ça vit, ça palpite : c'est le public de Stephan! Stephan qui ce soir, sous le masque que la fatigue a légèrement déposé sur son visage, semble parfaitement heureux de ce qui est "sa soirée", il l'a dit! Nous la lui offrons avec bonheur, le cœur débordant de tendresse pour celui qui accompagne nos vies que ce soit depuis peu ou depuis longtemps, et qui y tient tant de place.
"Mais si vous dites "déjeuner en paix", on la fait et on se casse!" ce qui déclenche un grand rire général, bien sûr!

Nous arrivons doucement, (le temps passe vite!) à un échange entre la salle et le maître de céans pour un soir qui se termine, après par le choix de Stephan : "tu ne me dois rien". "si j'oublie les paroles, c'est à vous" ajoute-t-il. Du coup, tout le monde chantera durant toute la chanson (beaux chœurs de Messieurs Dammit et Ouwehand, rendons leur cet hommage aussi car ils accompagneront souvent notre voix au cours de ce concert, mêlant les leurs aux nôtres ). Au long du concert, il arrivera à Stephan de nous lâcher la main de temps en temps, comme on le fait avec un enfant, pour nous laisser chanter seuls, lui, nous écoutant, sourire attendri aux lèvres (enfin, je l'ai perçu comme ça), et nous, chantant pour lui avec ferveur comme on offre son cœur et je veux croire que Stephan l'a pris comme ça.

Les gens sont là pour lui, pas pour le juger, mais pour le bonheur de partager un moment en sa compagnie, entendre sa voix (il se trompe? On s'en fiche et on rattrape le coup si on peut. ;-)
La brutalité des éclairages a fait place à des couleurs moins violentes et moins désagréables pour moi: je n'en apprécie que davantage, malgré les fauteuils qui commencent à me meurtrir un peu le dos. Tony Weber le maître des lumières a fait des merveilles encore une fois.

Une drôle d'émotion flotte parmi nous tous ce soir, proche de la confiance réciproque, de l'harmonie sereine voire de quasi intimité de temps à autres : ce qu'on attendait depuis des années est enfin là. Il fallait juste être un peu patient(e)s avec lui.

La fin de ce dernier "Rendez-vous" approche, et le rideau de fond de scène qui n'a reflété que quelques ombres chinoises, s'est ouvert, laissant place à une vision étonnante : notre reflet dans un immense miroir! C'est ça que Stephan a vu en entrant… grisant/flippant mais si beau! Toute la salle est là. Il n'y a plus seulement un 1/2 cercle plein à craquer (balcons compris) devant Stephan et les musiciens, mais nous, les entourant sans les étouffer, rempart contre ce dehors où attend la vie qui va les rendre à leur propre vie.

Je sais maintenant, ce soir-là me l'a confirmé, qu'une foule peut être attentionnée, douce, complice ou/et recueillie. Elle peut être désobéissante aussi puisque Stephan nous avait demandé de partir petit à petit sur la dernière chanson du 3ème et dernier rappel, "Zrügg Zu Mir" la délicieuse, et qu'on ne l'a pas fait : impossible de partir quand on l'entend la chanter, la voix à la limite de la rupture à 1 ou 2 reprises : cet homme est un merman, un vrai de vrai!!

Dans mon souvenir, restera un concert tout en rires et larmes aux paupières, tout en douceur et puissance, qui me fait sensiblement penser aux grands cafés ou aux grands chocolats. Seraient-ce là les arômes d'Eldorado, cet étrange pays où le "suisse errant" nous a conduit(e)s depuis un certain mois d'avril 2007?

Marie-Hélène B.
(oct. 2008)


Partager