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Concert littéraire Philippe Djian/Stephan Eicher
Paris en toutes lettres - Paris 104 (
05 Juin 2009 )

 

 

 
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Photos et vidéos : MHB & Raphaëlle Z.
 


19h, vendredi 5 juin 2009 : dans la salle 400 du 104 de la rue d'Aubervilliers à Paris, Stephan Eicher et Philippe Djian, son parolier français depuis une quinzaine d'années maintenant, vont se livrer au curieux exercice du concert littéraire ou de la lecture musicale, comme on veut. On ne sait pas vraiment à quoi s'attendre, mais on sait d'emblée que ce sera un moment très particulier.

A cause des lieux d'abord, très beaux et calmes. La vie a investi ce lieu qui abritait les Pompes Funèbres de Paris, l'ouvrant aux artistes, à leurs mots, à leur musique, à leurs expériences, leurs chants, accrochant de la lumière aux murs autrefois si sombres, faisant jaillir des rires de fontaine dans les cours de l'immeuble, baignées d'une clarté sereine et rafraîchies d'une brise tranquille.

Une large allée centrale au plafond de verre et aux poutrelles de métal art déco bordée par les salles où se déroulent les ateliers, mène à une cour intérieure où sont disposés chaises longues et bancs. C'est là que, arrivées ensemble, Rafale & moi retrouvons Sofi vers 18h15, assise sur l'un d'entre eux, en pleine lecture. On papote un peu quand Rafale nous signale la présence, à l'intérieur du bâtiment, de Djian et Stephan. On hésite à y aller par crainte de déranger, mais après avoir demandé à Stephan si c'était "mieux maintenant ou après" et qu'il ait répondu "maintenant", on y va, tendant pour une dédicace nos exemplaires respectifs de "My Place", fruit de leur 1ère rencontre officielle musicale. Ils se plient de bonne grâce à notre requête, souriants, détendus, charmants. Un rêve! …au milieu duquel on croise Dominique Mahut, inchangé ou presque.

1/4 d'h plus tard, on pénètre dans la salle 400 et on attend. Après un 1/2h environ, Djian et Eicher font leur entrée sous les applaudissements des 400 personnes qui occupent ladite salle.

Philippe présente Stephan, comme "le garçon en chemise blanche", aminci et en pleine forme, qui à son tour, présente son complice comme "l'homme en noir" ( si je me souviens bien, Djian est un fan de Cash appelé "The man in black", ce serait donc un petit clin d'œil comme il y en aura un certain nombre durant la soirée). Je ne me souviens plus par quoi ça commence, je n'ai rien noté, je me suis contentée de vivre en totale immersion, une inoubliable soirée. Je me souviens que Djian nous a lu, à titre tout à fait exceptionnel, les 3 1ères pages de son prochain livre dont il ne connaît pas encore la suite et encore moins la fin. Stephan lui a suggéré de finir par :
- "j'étais devant un public en train de lire…"
mais je ne sais pas si l'idée sera reprise. Djian est un extraordinaire diseur. Cet homme, il prend et ne lâche plus son auditeur, comme un oiseau de proie qui ne desserre pas son étreinte sur sa victime. Il est très drôle, caustique

Je me souviens du début C'est Djian disant à Stephan ou pour lui-même, je ne sais pas :
" je ne connais personne!" et enchaînant par "Durant un long moment" avec ce phrasé très en à plat, à l'impact si mystérieux pour moi. "Il n'y a plus rien ici que le fard et la cendre" me rappellent la quinte de toux qui m'a prise en entrant dans la cour et qui m'avait fait dire les mêmes mots, en plaisanterie, me souvenant qu'il y avait là, avant, un funérarium. Est-ce là aussi ce qu'ils ont pensé en mettant ce texte en ouverture? Je ne sais comment Djian fait ça, mais ses mots sont de petites bombes à retardement comme le dit Stephan, et ils ne cessent de m'exploser au cœur ces temps-ci.

Et puis les échanges de regards, de silences, de rires, de notes ou de paroles entre les deux compères pendant la suite : Pas d'Ami comme Toi, puis ce qui a failli être Ce Peu d'Amour quand Stephan a parlé des relations entre les chansons d'amour et eux, expliquant que Djian ne voulait pas "amener le tracteur dans la cuisine" (sic!), ensuite Confettis (où Philippe explique patiemment, à la demande de Stephan, qu'il ne s'agit pas d'une chanson de haine contre une femme, mais envers un homme avec lequel les relations ne peuvent pas être ce qu'elles pourraient être, ce n'est pas exactement ça, mais c'est le sens que j'ai retenu), sans oublier un merveilleux Dis-Moi Où, timidement mais agréablement chanté par Djian avec Stephan qui fait parfois la seconde voix.

Se suivent après et dans le désordre (je ne me souviens plus précisément), Rivière et son histoire selon laquelle Stephan n'a pas eu l'autorisation de la chanter au Laos vers 1995 environ, car elle y était considérée comme un hymne à la paresse, des inédits, dont les pages du fameux bouquin à venir, Pas Déplu interprété par Stephan sur des paroles et une musique de Djian, Louanges, dit par l'écrivain le refrain étant chanté (après qques tâtonnements) par le musicien, un beau Voyage et une douce La Voisine, récités par l'auteur, enchaîné par un Déjeuner en Paix, sans autre fard que la voix du conteur, et la guitare d'Eicher, avec une petit modification à la fin "Me feras-tu un sourire pour Noël?" que je préfère largement (je remarque que les bébés ne sont plus considérés comme des "cadeaux de Noël" et je m'en réjouis, personnellement).

Nous aurons deux rappels dont le dernier sera dédicacé à Antoine (de Caunes, j'imagine) qui aurait dû probablement être là mais n'y était pas ; il s'agit de sa chanson préférées si je me souviens bien : "Tu Ne Me Dois Rien".

L'heure s'est écoulée et on n'a pas vu le temps passer, comme toujours. Les inédits "Ce n'est pas vrai", "Les papillons", "La femme au comptoir" "Cette nuit" ou "Les promesses" (titres qu'on leur a donnés provisoirement, faute de mieux) sont assez réussis, je trouve, avec une préférence pour "Les papillons" ou "Les promesses" mais on ne sait même pas si ça sortira vraiment un jour et c'est aussi bien comme ça parfois…

Nous sortons de la salle après une standing ovation bien méritée, même si je n'ai pas eu véritablement le sentiment d'avoir assisté à un spectacle, c'était un truc bizarre et assez prenant : j'adore, pour tout dire!

J'ai l'impression que cette soirée a été comme un rire, un sourire de la vie, une plage de douceur aux vagues d'émotions contrastées, déserte juste ce qu'il faut pour en goûter la beauté et la tendre chaleur, un rêve est passé…Vivement le prochain!


Marie-Hélène BEAUFILS

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