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  Olympia - 3 mars 2000
 
 

PARIS - 19h30 : Devant l'Olympia, la file d'attente s'étire sur environ 500m dans la pluie et le vent : Stephan Eicher fait escale pour un soir dans cette salle mythique!

20 h : la foule se faufile pour entrer et debout, puisqu'on a enlevé les fauteuils d'orchestre et que le balcon est déjà complet, continue à attendre.

Vers 20h15 : obscurité totale. Ron Sexsmith, jeune songwriter canadien bien connu déjà Outre-Atlantique (http://www.ronsexsmith.com/), entre en scène, un peu intimidé, guitare à la main et assure non sans humour, la première partie du spectacle. Entre folk et country, il présente ses deux albums et revisite tranquillement Léonard Cohen, jusqu'à l'entracte.


21h
: l'impatience gagne un peu, on guette les signaux rituels, et la salle frémit quand l'obscurité éclaire enfin les flocons de neige et la sirène langoureuse qui annoncent Stephan Eicher! Un peu pâle, ému sans doute, il apparaît dans la chaleur des applaudissements et commence à chanter seul à la guitare..."On sait quand ça commence, pas quand ça finira"....Le charme est noué!

Arrivent ensuite Bill Dillon, le sémillant guitariste, le charmeur de cordes, et Achim Meier, le maître des claviers, pour "Démon". Eicher prend alors le temps d'esquisser en souriant la présence d'une invisible cigarette, de parler du patch qu'il porte pour ne plus fumer, d'évoquer son hospitalisation récente, dédicaçant au médecin qui l'a soigné et à son équipe ce concert qui n'aurait pas pu avoir lieu sans leur intervention. La salle réagit vite, émotion... Puis, déboulent Dave King, l'énergique batteur, Henner Malecha, le bassiste électrique, et Xavier Descarpentries, trompettiste étonnant reconverti souvent dans le bricolage musical génial, pour un décoiffant "Dis moi où"!

C'est parti pour une heure et demie (swiss timing! ;-) d'émerveillement devant les éclairages sublimes et flamboyants, l'harmonie et la jubilation presque palpables qui règnent sur scène et gagnent la salle, au rythme de "Hemmige", "Combien de temps", "Des hauts ,des bas", avant que n'apparaisse cet étonnant décor de mur de garage qui sert d'écrin aux chansons du dernier album Louanges. "Ce peu d'amour", "La fin du monde", "Venez danser", "Le même nez..." et "Sans vouloir te commander", en duo avec la blonde Astrid Williamson (qui l'accompagne aussi pour "Pas d'ami comme toi")
A la désormais légendaire version destroy de "déjeuner en paix" (incrusté de "twist and shout"!) succède un non moins époustouflant "I'm a story backwards told". Du pur Eicher qui déménage (jusqu'à la batterie de Dave King) servi on the rocks, avec des douceurs d'Ismaël Lô et des vibrations de Grauzone.

Le temps d'un "Lean on me", superbe reprise de Bill Withers, avec Ron Sexsmith et Astrid Williamson et la soirée s'achève sur un "Merci, rentrez bien!" qui entraîne inévitablement un dernier "Campari soda" et un ultime cadeau : "Tu ne me dois rien", seul à la guitare, pendant qu'on débarrasse la scène, avant que ne crépitent les derniers applaudissements et que ne résonnent les derniers échos du public qui s'en va à regret.

L'humour est toujours là, la voix est souple et dense, les arrangements travaillés au petit point, l'univers d'Eicher paraît encore plus riche, harmonieux et vivant.
C'est plein de peps, de chaleur et d'âme, c'est intimiste et spectaculaire, c'est Stephan Eicher and Band en concert....et c'est plus d'une heure trente de vrai bonheur!


Marie-Hélène BEAUFILS - Mars 2000
© Whatever