21h : l'impatience gagne un peu, on guette
les signaux rituels, et la salle frémit
quand l'obscurité éclaire enfin
les flocons de neige et la sirène langoureuse
qui annoncent Stephan Eicher! Un peu pâle,
ému sans doute, il apparaît dans
la chaleur des applaudissements et commence à
chanter seul à la guitare..."On sait
quand ça commence, pas quand ça
finira"....Le charme est noué!
Arrivent ensuite Bill Dillon,
le sémillant guitariste, le charmeur de
cordes, et Achim Meier, le maître des claviers,
pour "Démon". Eicher prend alors
le temps d'esquisser en souriant la présence
d'une invisible cigarette, de parler du patch
qu'il porte pour ne plus fumer, d'évoquer
son hospitalisation récente, dédicaçant
au médecin qui l'a soigné et à
son équipe ce concert qui n'aurait pas
pu avoir lieu sans leur intervention. La salle
réagit vite, émotion... Puis, déboulent
Dave King, l'énergique batteur, Henner
Malecha, le bassiste électrique, et Xavier
Descarpentries, trompettiste étonnant reconverti
souvent dans le bricolage musical génial,
pour un décoiffant "Dis moi où"!
C'est parti pour une heure
et demie (swiss timing! ;-) d'émerveillement
devant les éclairages sublimes et flamboyants,
l'harmonie et la jubilation presque palpables
qui règnent sur scène et gagnent
la salle, au rythme de "Hemmige", "Combien
de temps", "Des hauts ,des bas",
avant que n'apparaisse cet étonnant décor
de mur de garage qui sert d'écrin aux chansons
du dernier album Louanges. "Ce peu d'amour",
"La fin du monde", "Venez danser",
"Le même nez..." et "Sans
vouloir te commander", en duo avec la blonde
Astrid Williamson (qui l'accompagne aussi pour
"Pas d'ami comme toi")
A la désormais légendaire version
destroy de "déjeuner en paix"
(incrusté de "twist and shout"!)
succède un non moins époustouflant
"I'm a story backwards told". Du pur
Eicher qui déménage (jusqu'à
la batterie de Dave King) servi on the rocks,
avec des douceurs d'Ismaël Lô et des
vibrations de Grauzone.
Le temps d'un "Lean
on me", superbe reprise de Bill Withers,
avec Ron Sexsmith et Astrid Williamson et la soirée
s'achève sur un "Merci, rentrez bien!"
qui entraîne inévitablement un dernier
"Campari soda" et un ultime cadeau :
"Tu ne me dois rien", seul à
la guitare, pendant qu'on débarrasse la
scène, avant que ne crépitent les
derniers applaudissements et que ne résonnent
les derniers échos du public qui s'en va
à regret.
L'humour est toujours là,
la voix est souple et dense, les arrangements
travaillés au petit point, l'univers d'Eicher
paraît encore plus riche, harmonieux et
vivant.
C'est plein de peps, de chaleur et d'âme,
c'est intimiste et spectaculaire, c'est Stephan
Eicher and Band en concert....et c'est plus d'une
heure trente de vrai bonheur!
Marie-Hélène BEAUFILS - Mars 2000
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