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Concert St Brieuc
Festival "Art Rock" - 05 Juin 2005

 

Journal du Festival

Journal du Festival_Dimanche 05 Juin

 

Extrait interprétation
Johnny B Good



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En ce 5 juin 2005, la pluie tombe sur le dédale de rues pavées autour de l'église de Saint Brieuc en Bretagne (Côtes d'Armor), de la halle et de la grand place Poulain Corbion d'où parviennent les échos des répétitions qui se déroulent à l'intérieur du chapiteau monté en son centre, à l'occasion du festival Art Rock 2005.

Il est environ 15 heures ; le temps de prendre une galette et une bolée de cidre dans la seule bonne crêperie ouverte et proche, il est 16 heures et le moment est venu d'ouvrir une dernière fois les portes du festival 2005 au public pendant que non loin de là, mais je ne le savais pas, hélas, le trio français NLF3 s'essaye au vertigineux exercice qu'avait déjà pratiqué Stephan Eicher avec Moondog en 1992 : créer une bande son pour le magnifique film inachevé d'Eisenstein, "Que Viva Mexico!"
Il fait bon, la pluie a cessé, laissant de grandes flaques (où je noierai mon jean jusqu'au mollet) et tout irait bien si le bruit ne m'était parfaitement insupportable, à tel point que je mettrai et garderai jusqu'à la fin du concert les "bouchons d'oreilles" que j'avais emportés au cas où… La musique et les percus me semblent être un immense "brise-tête". Le dynamisme contagieux et bondissant du groupe brésilien Naçao Zumbi qui est sur scène, ébranlera d'ailleurs si sérieusement celle-ci qu'il faudra la rétablir après son départ et avant l'arrivée de Stephan, qu'annonce les allées et venues de Fabrice (Fourgeaud) s'affairant rapidement entre câbles, guitares, sequencers, micros etc….
Pendant ce temps, dans la fosse, le rennais DJ Azaax, mixe quelques trucs, pas mal du tout d'ailleurs.
A 18h50, Stephan, seul et tout de noir vêtu (pantalon, veste cow-boy et chemise), écharpe blanche de touareg au cou, arrive devant le public et commence par "Two people in a room". Le public est très divers, rassemblant ados, trentenaires, cinquantenaires, voire au-delà. Je m'en aperçois en quittant les premiers rangs où je ne peux plus ni respirer ni voir quelque chose d'intéressant et en émigrant vers le fond où je ne vois toujours pas grand-chose mais où je peux respirer, ce qui me permet de pouvoir faire ce récit. ;-)
Je tente d'enlever une boules Quiès que je remets illico : mes tympans ne supportent décidément pas et sous le choc des ondes bruyantes, le tremblement du sol sous mes pieds me parcours le corps, comme les plaques vibratoires qu'on s'arrache dans les salles de sport. Je n'ose pas imaginer comme ça se passe tout devant.
D'emblée, Stephan met les choses au point : "si je rate un truc, je recommence, on est d'accord?!" il puis enchaîne avec "Pas d'ami comme toi", "Manteau de Gloire", "Combien de temps", "Venez danser" où portant la guitare devant sa bouche, il donne l'impression d'en jouer avec les dents, à la Jimmy Hendrix. Pas du tout! Il semble qu'il ait enregistré sa voix dans le creux de l'instrument et en ait fait un loop ("quand nous aurons lavé nos fautes") pour la suite de la chanson. Après "On nous a donné", un "Ce peu d'amour" très punchy et un beau "I'm a story backwards told", il reprendra cette même technique (en sorte de voix off et répétitive) sur un "Rivière" à vif.
Derrière moi, comme Stephan se penche vers son ordinateur pour bidouiller je ne sais quoi, j'entends quelqu'un sourire un "Il consulte ses mails?" ;-)) On lui explique alors gentiment comment Eicher fonctionne seul en scène avec ses machines…et un insoluble problème de retour son, apparemment. Il est vrai que de loin, il y a plein de détails qui échappent.
Quelques accords qui me rappellent curieusement les gitans de l'Est et c'est parti pour une reprise nerveuse de "Johnny B Good" de Chuck Berry sous des éclairages multicolores, une parfaite interprétation de "La goualante du pauvre Jean" (je ne sais pas ce qu'en penserait Piaf, mais pour ma part, j'aime bien, et j'admire l'articulation impeccable de Stephan sur cette chanson pas si facile que ça).
Pause papotage, le temps d"évoquer le fait qu'il ne fume plus "depuis 8kgs" :D et d'entrevoir un crétin allumer une cigarette juste sous son nez à ce moment là. Fin de la pause, voilà "Des hauts des bas", triste et lancinant sur un fond de batterie qui me paraît pesant, pendant que deux très jeunes hommes-kangourous traversent le public en sautant en rythme! Insolite! :-))
Stephan tient la scène depuis déjà 1h. Premier rappel : "Déjeuner en paix", version douce, que le public reprend en chantant doucement aussi et en marquant légèrement le rythme avec les mains, puis le son devient lourd, avant de se radoucir pour un retour au calme.
"Il nous reste environ 5 minutes, on fait quoi? Calmez-vous un peu, oh! Alors… si vous vous voulez quelque chose de triste vous faites ça (il incline un peu la tête sur le côté) si vous voulez quelque chose de gai vous faites ça (il saute sur place). La gaieté l'emporte et Stephan soupire gentiment : "Ah, la Bretagne! On va faire quelque chose de gai alors" et il demande au DJ Azaax de venir lui prêter la main pour finir le concert avec un étonnant "Hemmige", toujours aussi entraînant ("et on dit que les vieux vinyles ne servent à rien!" dit à peu près Stephan en riant.
La scène désertée par Eicher, le public se disperse et traîne un peu, en attendant Yann Tiersen et Morcheeba qui ne viendra pas à cause d'une extinction de voix de la chanteuse si j'ai bien compris.

Comme à beaucoup de mes concerts d'Eicher, il pleuvait quand je suis arrivée et il faisait beau en repartant. On ne m'ôtera pas de l'idée qu'il a une sorte de "talent sorcier", cet homme-là! ;-)

Marie-Hélène Beaufils - Juin 2005

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Photos Saint-Brieuc 2005

 

Photos Saint-Brieuc 2005

 
Photos Saint-Brieuc 2005
 
Liens

Interview Froggydelight

Article Froggydelight

Chronique-Intw Ray Cokes (tahafanblog)

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